Le mardi 04 avril 2006
Presse Canadienne,Toronto
Pour la première fois, un chercheur américain affirme avoir fabriqué des nouvelles vessies à des patients en partant des propres cellules de ces patients.
Les «vessies de culture» en laboratoire ont été transplantées ensuite sur les enfants et adolescents qui avaient fourni les cellules originales pour la culture des nouveaux organes.
La culture de tissus à partir de cellules provenant du corps même du patient élimine les risques de rejet, expliquent les chercheurs de l'Ecole de médecine de l'Université Wake Forest à Winston-Salem, en Caroline du Nord. L'objectif des chercheurs est de réduire le manque d'organes pour les transplantations provenant de donneurs.
«Nous avons fait un petit pas dans nos travaux pour remplacer des organes et des tissus endommagés», explique le chercheur principal, le Dr Anthony Atala, qui s'emploie maintenant à cultiver en laboratoire une vingtaine de tissus et organes différents, dont des vaisseaux sanguins et des coeurs.
Les recherches sur la culture de vessies a impliqué sept patients âgés de 4 à 19 ans. Tous ces jeunes patients souffraient d'une malformation congénitale qui interférait avec l'expulsion d'urine et risquait éventuellement de compromettre les fonctions rénales.
Les cellules utilisées pour la régénération de nouveaux organes ont été prélevées à partir des muscles et de la gaine intérieure des vessies des patients. Les cellules ont été cultivées en laboratoire et «semées» ensuite sur un moule biodégradable ayant la forme d'une vessie.
Une fois la vessie ainsi reconstruite, elle a été transplantée sur les patients d'où provenaient les cellules originales.
Selon le Dr Atala, tous les patients qui ont subi l'implantation de leur nouvelle vessie se portent bien et leurs fonctions urinaires se sont améliorées.
La technique couramment utilisée par les chirurgiens est de remplacer la vessie malade par une section d'intestin du même patient. La technique fonctionne bien chez les adultes de plus de 50 ans qui ont subi l'ablation de la vessie à cause du cancer, mais, pour diverses raisons, laisse à désirer chez les enfants.
La recherche du Dr Atala apparaît dans l'édition en ligne de mardi de la revue médicale The Lancet.